Social & Paie10 min de lecture·4 juillet 2026

Bulletin de paie : modèle, mentions obligatoires et erreurs à éviter (2026)

Etablir un bulletin de paie conforme est l'une des missions les plus techniques d'un cabinet. Entre les évolutions de cotisations, le passage au bulletin simplifié et les risques de contentieux, voici le guide complet pour 2026.

Sommaire

1.Les mentions obligatoires du bulletin de paie2.La structure du bulletin simplifié (depuis 2018)3.Cotisations sociales : taux 20264.Heures supplémentaires et complémentaires5.Net à payer avant impôt et prélèvement à la source6.Les 7 erreurs fréquentes à éviter7.Modèle de bulletin de paie type8.Générer vos bulletins avec CabinIA

1. Les mentions obligatoires du bulletin de paie

L'article R3243-1 du Code du travail liste les mentions obligatoires du bulletin de paie. Tout document incomplet expose l'employeur à une sanction et engage la responsabilité du cabinet en cas de litige.

Mentions obligatoires (art. R3243-1 C.trav.)

Nom et adresse de l'employeur
Numéro SIRET de l'établissement
Code APE / NAF
Convention collective applicable
Nom, emploi et qualification du salarié
Période et nombre d'heures de travail
Nature et montant des cotisations patronales
Nature et montant des cotisations salariales
Montant du salaire brut
Net à payer avant impôt sur le revenu
Montant du PAS retenu
Net à payer au salarié
Date de paiement
Cumuls annuels brut et net imposable

Depuis la loi ESSOC de 2018, la mention de la convention collective est obligatoire sur chaque bulletin — même en l'absence de convention applicable (indiquer alors "néant").

2. La structure du bulletin simplifié (depuis 2018)

Le bulletin de paie simplifié, rendu obligatoire depuis 2018 pour toutes les entreprises, regroupe les cotisations par grandes familles. L'objectif : rendre le bulletin lisible pour le salarié tout en conservant le détail disponible sur demande.

RubriqueContenuBase
Rémunération bruteSalaire de base + primes + heures supp.Salaire brut
SantéMaladie / AT-MP / complémentaire santéBrut
RetraiteRetraite de base + complémentaire AGIRC-ARRCOBrut
FamilleAllocations familiales (patronal)Brut
ChômageAssurance chômage + AGSBrut ≤ 4 PASS
AutresFormation, CSA, apprentissage…Brut
Cotisations salarialesTotal retenues salarié (CSG, CRDS inclus)Brut
Net avant impôtBrut – cotisations salariales
PAS retenuTaux PAS × net avant impôtNet avant IR
Net à payerNet à verser au salarié

3. Cotisations sociales : taux 2026

Le PASS 2026 est fixé à 47 100 € (3 925 €/mois). Les principaux taux applicables sont :

CotisationAssietteSalarialPatronal
Assurance maladieBrut total0 %13 %
Assurance maladie (< 2,5 SMIC)Brut total0 %7 %
Retraite de base≤ 1 PASS6,90 %8,55 %
Retraite de base déplafonnéeBrut total0,40 %1,90 %
AGIRC-ARRCO T1≤ 1 PASS3,15 %4,72 %
AGIRC-ARRCO T2De 1 à 8 PASS8,64 %12,95 %
CEG T1≤ 1 PASS0,86 %1,29 %
CEG T2De 1 à 8 PASS1,08 %1,62 %
Assurance chômage≤ 4 PASS0 %4,05 %
CSG imposable98,25 % du brut6,80 %
CSG non imposable98,25 % du brut2,40 %
CRDS98,25 % du brut0,50 %

Source : URSSAF — taux en vigueur au 1er janvier 2026. PASS 2026 : 47 100 €.

4. Heures supplémentaires et complémentaires

Les heures supplémentaires (au-delà de 35h pour un temps plein) bénéficient d'une majoration de salaire et d'une exonération fiscale et sociale plafonnée.

Majoration légale

25 % pour les 8 premières heures supplémentaires (36h à 43h), 50 % au-delà — sauf accord de branche ou d'entreprise prévoyant une majoration différente (minimum 10 %).

Exonération fiscale 2026

Heures supplémentaires et complémentaires exonérées d'IR dans la limite de 7 500 €/an par salarié (loi TEPA maintenue et revalorisée).

Exonération de cotisations

Réduction de cotisations salariales sur les heures supp. : 11,31 % dans la limite du SMIC horaire majoré × nombre d'heures. Plafonnée à la rémunération des heures.

Mention au bulletin

Le nombre d'heures supplémentaires doit être détaillé : taux de majoration, montant brut avant exonération, montant exonéré et base de calcul CSG/CRDS.

5. Net à payer avant impôt et prélèvement à la source

Depuis le 1er janvier 2019, le prélèvement à la source (PAS) est retenu directement sur le bulletin de paie. Le bulletin doit faire apparaître deux montants distincts : le net à payer avant impôt et le net à payer (après déduction du PAS).

⚠️ Attention — Taux PAS

L'employeur applique le taux transmis par la DGFiP via la DSN. En l'absence de taux (embauche, refus), appliquer le taux neutre de la grille officielle selon la tranche de revenu mensuel. Ne jamais appliquer un taux communiqué verbalement par le salarié.

Le net imposable (= net avant impôt + CSG non déductible + cotisations non déductibles) sert de base au calcul de l'IR annuel et doit être indiqué en cumulé annuel sur le bulletin de décembre ou le solde de tout compte.

6. Les 7 erreurs fréquentes à éviter

1

Convention collective incorrecte ou absente

La convention collective doit correspondre au code APE de l'établissement employeur, pas de la société mère. Une erreur ici invalide tous les bulletins et expose à un redressement URSSAF.

2

Assiette CSG/CRDS mal calculée

La CSG et la CRDS s'appliquent sur 98,25 % du salaire brut (abattement de 1,75 % pour frais professionnels, plafonné à 4 PASS). L'erreur la plus fréquente est d'appliquer 100 %.

3

Réduction Fillon mal calculée

La réduction générale de cotisations patronales (dite 'Fillon') dépend du coefficient annuel. Le calcul mensuel est un acompte — une régularisation annuelle est obligatoire en décembre.

4

Heures supplémentaires non exonérées

Omettre l'exonération fiscale et sociale sur les heures supplémentaires lèse le salarié et constitue une erreur de paie. L'exonération est automatique et obligatoire.

5

Net à payer avant impôt absent

Depuis 2019, les deux nets sont obligatoires. Un bulletin n'affichant que le net à payer (après PAS) est non conforme à l'article R3243-1 du Code du travail.

6

Mutuelle non ventilée

La cotisation mutuelle obligatoire doit être décomposée : part patronale (non soumise à cotisations dans la limite légale) et part salariale. Une ligne globale n'est pas suffisante.

7

Cumuls annuels absents en fin d'année

Le bulletin de décembre (ou de départ) doit obligatoirement mentionner les cumuls annuels : brut, net imposable, PAS versé. Ces données servent à la déclaration de revenus du salarié.

7. Modèle de bulletin de paie type

Voici la structure d'un bulletin de paie type pour un salarié cadre, 35h/semaine, brut mensuel 3 500 € :

CABINET EXPERTISE — BULLETIN DE PAIE — JUILLET 2026
Salarié : Martin Dupont | Cadre Comptable | CCN : Cabinets d'experts-comptables (IDCC 787)
Période : 01/07/2026 – 31/07/2026 | 151,67 heures
Salaire de base3 500,00 €
Cotisations et contributions sociales
Santé (maladie + mutuelle)- 142,80 €
Retraite (base + AGIRC-ARRCO + CEG)- 377,50 €
Chômage0,00 €
CSG imposable (6,80 % × 98,25 %)- 233,62 €
CSG non imposable (2,40 % × 98,25 %)- 82,45 €
CRDS (0,50 % × 98,25 %)- 17,18 €
Net à payer avant impôt sur le revenu2 646,45 €
Prélèvement à la source (taux : 8,50 %)- 224,95 €
NET À PAYER2 421,50 €
Coût total employeur : 3 500 + charges patronales ≈ 4 900 € | Net imposable cumulé : 21 897 €

Exemple indicatif. Les montants varient selon la convention collective, la tranche de retraite complémentaire et le taux PAS individuel.

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